La Toile de pénélope

Accompagnement des problématiques du travail

« Heureux le corps pour qui l’âme travaille » (proverbe italien)

Vous vous sentez mal à l’aise dans votre travail

Vous avez des doutes, des questionnements sur votre avenir professionnel, votre place dans votre métier, votre équipe, votre entreprise

Vous souhaitez mener une réflexion sur vos pratiques professionnelles et les faire évoluer

Vous êtes en difficulté voire en souffrance

Ne restez pas seul face à ces interrogations

LA TOILE DE PÉNÉLOPE accompagne toutes les problématiques liées au travail et vous aide à trouver les solutions qui répondent à vos difficultés professionnelles.

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LA TOILE DE PÉNÉLOPE, c’est 25 ans d’expertise terrain guidés par le champ des sciences sociales du travail.

Tisser un fil de soi : Agir pour rendre son travail vivant

Psychologue du travail et des organisations & Consultante en ressources humaines à Tours,

j’accompagne les entreprises et les professionnels dans la gestion des ressources humaines, l’amélioration du bien-être au travail et le développement des compétences.

Grâce à une approche sur mesure et par un éclairage des sciences sociales du travail, je vous aide à mieux comprendre les problématiques liées au travail et à les surmonter.

Trouver les leviers pour un travail épanouissant

Dans l’Odyssée d’Homère, Pénélope incarne la résilience et la stratégie. Tissant et détissant son ouvrage, elle illustre la capacité à s’adapter aux contraintes et à créer des solutions durables. Comme elle, chaque professionnel peut tisser sa propre trajectoire et surmonter les défis du monde du travail.

Mes accompagnements vous permettent d’identifier les leviers d’action pour retrouver du sens dans votre activité et construire un avenir professionnel aligné avec vos aspirations.

Vous souhaitez améliorer votre bien-être au travail, évoluer dans votre carrière ou renforcer vos compétences ? Trouvons ensemble les solutions adaptées à votre situation.

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Une recension de l’article de Didier Deleule

Dans son article intitulé « Le paradigme de Pénélope » paru dans cité n°8 en 2001 aux PUF, Didier Deleule, qui fût professeur de philosophie comparée des sciences sociales à l’université Paris-Ouest Nanterre, nous emmène pour un voyage au coeur de l’Odyssée à travers l’histoire de Pénélope, reine d’Ithaque, épouse d’Ulysse. Il a cherché à interroger ce que ce mythe a à dire de l’Homme en société et nous donne de l’action de tissage de Pénélope, une interprétation symbolique du point de vue psychologique, sociologique et politique. Il nous montre en quoi le symbolisme que représente son ouvrage de tissage dépasse l’idée communément admise qu’il serait un travail non productif qui ne crée aucune valeur d’usage ou d’échange, et qui par conséquent, s’avèrerait une action inutile. On retrouve dans l’expression, aujourd’hui désuète, « Faire un travail de Pénélope », employée notamment dans le monde du travail, cette notion de tâche sans finalité puisque sans produit. A première vue, le travail de Pénélope semble aller totalement à l’encontre de la vision actuelle du travail. Pour autant, réaliser un travail immédiatement économiquement inutile est-ce pour autant travailler inutilement ? Pour Deleule, l’action de Pénélope ne trouve pas son utilité fondamentale en tant que production matérielle de quelque chose ayant valeur d’usage, mais bien dans le but même de ce travail (telos), l’activité fût-elle répétitive et monotone. Cela donne du sens à l’action et, au-delà, donne sens à sa vie, à son existence. Le travail est donc un processus humainement utile, d’émancipation de soi, et Pénélope, par son travail de tissage jamais terminé, reprend le pouvoir sur la situation, et reprend la main à la fois de son propre destin, celui de son fils et celui du peuple d’Ithaque en tant qu’il est communauté (oikos et koinonia) et dont elle a la responsabilité en tant que Reine. Le but de ce travail de tissage répond à une oeuvre plus grande que Pénélope et le stratagème est la technique qu’elle utilise pour y parvenir. Le paradigme de Pénélope, en tant que modèle psychologique, sociologique et politique, à l’intérieur d’un environnement à fortes contraintes régie par des règles, est un choix personnel, délibéré et risqué mais socialement utile. c’est-à-dire l’issue de l’action du tissage, est « justement son caractère in-fini en fonction d’un projet extérieur à lui-même ». Ici, « le travail ne crée pas ; il recrée ce qu’il a détruit et, tout aussi bien, détruit ce qu’il a créé » à travers une sorte de routine. De cette routine, surgit une certaine maîtrise de soi par l’expérience (apprentissage et entretien) de la patience ; patience de Pénélope en tant que femme désirante aux prises avec la réalité de la situation qui doit tenir seule face aux prétendants et à ses obligations de reine, et patience des prétendants devant un choix qui se faire attendre. Deleule alors se questionne : sans visée économique, sans produit à valeur d’échange ou d’usage, une action serait-elle occupation du temps (donc inutile) plutôt que travail ?
Il répond à cette question dans un second moment en introduisant d’une part, l’idée que le travail, même s’il n’a pas de visée économique, est une conduite socialement utile de l’individu dans ses relations à autrui au sein de la communauté qui a elle-même défini les règles de bonne conduite en son sein. D’autre part, le travail de Pénélope est effort utile à la réalisation de son propre projet singulier. Il s’appuie sur le code social de la communauté certes, mais en détournant par la ruse les termes tacites du contrat social.
En quoi le travail de Pénélope est-il un paradigme ? Dans le sens où il prend son sens dans « le monde humain » et non dans « le monde des choses » achevées. L’objet produit est remplacé par une production « in-finie » c’est-à-dire une poièsis. Ça n’est plus le produit mais la production qui maintient un lien social (philia) et qui est utile à la fois à l’humain et à l’intérêt de la communauté. C’est pourquoi, se suffisant à lui-même, « un tel travail est tout sauf aliéné ». Il n’est pas l’épreuve (ponos) répétitive, sans fin, laborieuse, torturée et inutile, imposée à Sisyphe par les Dieux. Le travail de Pénélope est projet assumé d’une réalisation de soi : c’est en toute connaissance de cause et librement que Pénélope s’impose à elle-même cette tâche astreignante. Production et destruction faisant partie du même projet défini voulu et non subi, ce travail est vivant et l’activité satisfaisante même dans l’effort. Cette vision du travail, où l’activité de Pénélope est placée au premier plan, et qui ne produit aucun ergon, est diamétralement opposée à celle d’Aristote qui voit dans le produit fini la seule source de valeur du travail et qui donne au processus travail un rôle secondaire. Si le travail est une conduite humaine c’est-à-dire une manière de se comporter dans le monde, il est donc aussi une façon de mener sa vie en fonction d’un projet bien défini et librement consenti : le projet de la réalisation de soi dans toute communauté « où s’exprime un projet solidaire ». Même si, ici aussi, le résultat seul compte, il ne s’inscrit pas dans l’objet, mais concerne la vie de la communauté, l’oikos, et s’il y avait une valeur d’échange de ce travail, elle se situerait dans la restauration ou le maintien du lien (philia) avec l’autre. Le travail est « effectuation de la liberté » dans un désir de reconnaissance sociale mutuelle.
Dans sa troisième partie, Deleule commence par se placer du côté de la vision des économistes d’aujourd’hui qui considèrent que seules certaines catégories socio-professionnelles, dont le travail est intellectuel ou de service, sont productives sans fabrication d’objet. Pénélope, bien que réalisant un travail manuel, ne fabrique pas d’objet. Néanmoins, son travail est visible de tous car il est dans l’activité physique : mouvements de son corps, de ses mains et technique de tissage sur un outil. Mais la finalité de son projet n’est connue que d’elle seule. Femme dans l’action (praxis), Pénélope « simule une poiésis », c’est-à-dire une fabrication, « pour mieux préserver sa praxis qui lui permet de préserver son emprise sur elle-même et sur l’oikos » dont elle est la souveraine, c’est-à-dire responsable. Travailler, même de ses mains, n’est pas seulement oeuvrer dans un environnement de contraintes sociales, c’est surtout « un système d’auto-production » issu de la « confrontation de l’homme avec la nature au sein d’une communauté ». Pour Deleule, le travail ne peut que s’appuyer sur la ruse, car elle prend l’outil ou la technique comme prétexte ou comme appui à la réalisation d’un projet singulier répondant à une finalité sociale. La ruse est donc la condition de la réalisation de ce projet. L’artifice comme médiation obligée est destiné à faciliter, dans la mesure du possible, la réalisation du projet. Alors, l’essence même du travail se révèle comme étant un projet libre de toute nécessité, ce que Deleule nomme versant positif du travail, le versant négatif étant le « travail non délibéré ».
Dans une dernière partie, l’auteur introduit la notion de cohésion et revient sur celle de stratagème en l’approfondissant. Ce que met en lumière le paradigme de Pénélope, c’est que son travail, grâce à une gestion socialement raisonnable, a abouti à la sauvegarde de la cohésion de la communauté ou oikos, et non à son déclin comme l’avait astucieusement annoncé Antinoos. Deleule oppose la cohésion « pseudo économique » (représentée par Antinoos) à la cohésion sociale (garantie par Pénélope).
Deleule met en parallèle l’oikos, la communauté de biens et la koinonia, la communauté des hommes. Il s’agit pour Pénélope de gérer la communauté sous ces deux aspects : le premier administratif et économique, et le second de maintien de la cohésion sociale (l’union) à long terme. Le stratagème de Pénélope, pari risqué et assumé, est symbolique au sens étymologique du terme, c’est-à-dire qu’il est un « signe de reconnaissance et de retrouvailles pour le plus grand bien, quoique différé, de l’oikos ».
Que nous apporte un tel paradigme dans la vision actuelle du monde du travail qui demande au travailleur d’être seulement productif et de se satisfaire d’un retour purement économique, s’interroge Deleule. Le seul confort matériel peut-il suffire à satisfaire le « bien-vivre » ? Le modèle de Pénélope, met en évidence et valorise un individu qui, bien que besogneux, tend vers un objectif qui lui est propre et cet objectif ne prend sens pour lui qu’à la condition qu’il se l’assigne lui-même et que sa finalité ou telos soit socialement utile. Ce travail rusé demande plus d’intelligence, de risques et de courage, d’engagement de soi et d’investissement « éminemment actif » qu’un travail purement productif mais il est garant de la continuité ou de la renaissance de la vie.
Le terme travail employé dans l’article traduit une diversité d’actions : « tâches coutumières », « réalisation d’une oeuvre », « production », « occupation », « activité industrieuse », « travail non productif » et enfin « labeur ». Le travail est pluriel et la définition difficile à cerner nous précise Marie-Anne Dujarier (1) qui propose trois réalités concrètes pour le définir : action et processus de transformation, produit et emploi. Bien que vitales, ces trois dimensions, agir, être utile et être employé, « ne coïncident pas » dans le monde actuel du travail. Lorsqu’on parle travail aujourd’hui, on pense emploi, c’est-à-dire à une activité où le salarié est lié à un employeur par un contrat qui implique un lien de subordination, lequel désapproprie le salarié à la fois des procédures et méthodes de travail et de la finalité de son travail (2). Pour Pénélope, en revanche, dans l’action rusée qu’elle met en place, les trois dimensions du travail (ici de gouvernance) praxis, poièsis et telos co-existent et coïncident, dans le mouvement de la vie. Par quel moyen Pénélope parvient-elle à mettre en place cette coïncidence ? Par un stratagème que nous pourrions entendre dans le sens d’une mécanique, ou technè c’est-à-dire comme capacité à, comme art de faire, comme puissance de production, de sa gouvernance. A priori, on pourrait imaginer Pénélope prisonnière de son statut et des règles de la cité qui le régisse. C’est parce qu’elle possède une parfaite connaissance et compréhension des règles de fonctionnement de la communauté avec ses limites et ses points faibles, qu’elle est en capacité de ruser avec elles, de les contourner, et finalement de les retourner en ressources. Elle trouve un levier socialement accepté (produire un linceul pour son époux), voire valorisé par la communauté, sur lequel s’appuyer pour atteindre un objectif personnel et singulier, conforme à ses valeurs (utile à elle-même et à la communauté) pour quelque chose qui fait sens : un projet solidaire. Dans l’action, elle expérimente une marge de manoeuvre possible, une liberté. Ce qu’elle donne à voir dans son ouvrage de tissage peut apparaître comme une tricherie, mais c’est en réalité une feinte, une manoeuvre habile. Prendre des libertés avec ses habitudes en contre-pied de ce qu’elle sait faire et en prenant des risques, c’est pour Pénélope « tisser sa toile professionnelle avec éthique, c’est-à-dire, faire la pratique de la force qu’on cherche à trouver en soi-même pour trouver les moyens d’agir en essayant de se placer au bon endroit et au bon moment » (3). Pénélope ne domine pas, elle fait autorité. Elle se détermine sans se laisser déterminer par autrui ou la situation. Si Ulysse, par son voyage initiatique apprend et se construit au contact des évènements, il est en devenir. Pénélope maîtrisant son ouvrage est accomplie en tant que professionnelle. Elle s’est dégagée de l’emprise de l’organisation.
Ce modèle est envisageable aujourd’hui dans nos organisations professionnelles et plus largement nos sociétés ? A bien y réfléchir, que nous manque-t-il finalement le plus, de quoi sommes-nous le plus dépossédés ? Telos, le but de nos existences ou bien Technè, c’est-à-dire le moyen d’y parvenir ? Pénélope pourrait bien nous ouvrir une voix de réponse : soyons stratèges, rusons, sinon collectivement, à minima individuellement, servons-nous du système, découvrons et expérimentons ses limites pour trouver des feintes, comme le montre son modèle. Dans l’organisation, où les modèles managériaux cherchent à formater la subjectivité du salarié afin qu’il adhère de lui-même aux règles imposées, qu’il augmente sa productivité tout en participant à faire baisser les coûts, qui le contraignent à se conformer aux valeurs et aux intérêts de l’organisation plutôt qu’à ceux de son métier, qui le poussent à intérioriser un idéal prescrit plutôt qu’un projet possible (4), le salarié a tout intérêt à trouver dans le paradigme de Pénélope le moyen de s’en émanciper. La grève du zèle décrite par C. Dejours pourrait être un exemple (5), retrouver sa puissance d’agir sur son activité par la pratique de l’éthique pourrait en être un autre (3).

(1) Dujarier, Marie-Anne. « Qu’est-ce que le travail ? », dans La fondation Copernic (dir.), Manuel indocile de sciences sociales Pour des savoirs résistants, Normandie, La découverte, « Destins fermés ou indociles ? » 2019, p. 822-831.
(2) Linhart, Danièle. « Modernisation managériale : tout plutôt qu’une démocratisation du travail », dans La fondation Copernic (dir.), Manuel indocile de sciences sociales Pour des savoirs résistants, Normandie, La découverte, « Destins fermés ou indociles ? » 2019, p. 832-840.
(3) Clot, Yves. (2021, mai) Soutenir la coopération conflictuelle sur le travail bien fait ; quelle éthique du travail ? (Conférence), Paris.
(4) Dujarier, Marie-Anne. « L’idéal au travail », PUF, 2017, 291 p.
(5) Dejours, Christophe. « Aliénation et clinique du travail », Actuel Marx, vol. 39, no. 1, 2006, p. 123-144.

Tisser un fil de soi :
Agir pour rendre son travail vivant

Les activités de la Toile sont proposées auprès de particuliers ou auprès des organisations.

Elles peuvent se dérouler en séances individuelles de travail ou collectives en groupes restreints.

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Nos prestations : un accompagnement personnalisé

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Consultations individuelles

Des séances d’une à deux heures avec Véronique Vergneau, psychologue du travail, pour :

– Comprendre et surmonter les difficultés professionnelles (burn-out, mal-être…)

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Groupes de travail restreints

L’échange collectif comme levier de progression :

– Briser l’isolement professionnel

– Trouver des solutions collaboratives aux défis du travail

– Développer une réflexion constructive sur sa pratique

Analyse du travail

Donner à voir sur son activité, aider à gagner en connaissance sur soi et sur ses compétences, reconnaître le professionnel en soi et apprendre à mieux reconnaître sa façon de travailler pour mieux travailler de façon générale, et avec les autres en particulier. Comprendre et évaluer ses pratiques et apprécier sa légitimité professionnelle.

Analyse des pratiques professionnelles

Un travail auto-réflexif sur ses actes professionnels, une prise de distance critique vis-à-vis de sa pratique et une méthode de professionnalisation des praticiens par la formation continue fondée sur l’analyse de ses expériences professionnelles

Orientation et Projet Professionnel

– Bilan professionnel et reconversion

– Outplacement et reclassement

– Validation des Acquis de l’Expérience (VAE)